Florence De Val

« Bonjour ma vie » Florence de Val,

Bis_florence-De val_2017
Bis_florence-De val_2017

Le livre choc de la rentrée littéraire de LC éditions.
Quand on referme le livre de Florence de Val, on reste figé.
Figé de tant de cruauté, figé de tant d’horreur.
Et pourtant, à voir la magnifique couverture avec son coeur rouge et le tube de rouge à lèvres brisé on se dit que l’amour sera le thème principal de cet ouvrage.
« Bonjour ma vie » m’a tout d’abord fait penser à « Bonjour tristesse » de Françoise Sagan et puis au fil des pages, on se rend compte qu’il n’y a pas le malaise classique de l’adolescence.
« Je culpabilise d’être car je suis dérangeante par le simple fait de vivre » écrit l’auteur.
Il n’y a pas de phrase plus dure que celle-ci, déranger par le simple fait de vivre.
Ce livre, témoignage bouleversant d’une vie moult fois brisée et recollée tant bien que mal est écrit dans un style simple, lapidaire, des phrases jetées à la face du monde.
Il y a une pudeur impudique dans ces mots qui blessent, dans ces analyses froides d’actes monstrueux d’un passé à jamais entaché.
Il y a aussi un grand cri d’amour car c’est en cela que réside la force de l’auteur, celui de chercher à comprendre, à analyser sans toutefois pardonner.

Bonjour ma vie couverture_Florence de Val
Bonjour ma vie couverture_Florence de Val

On suit avec douleur les cheminements de cette jeune femme qui cherche un sens à son existence, on découvre avec stupeur l’emprise du psychisme sur le physique.
Florence réussit là un livre magistral, d’une force époustouflante.
C’est un témoignage qui ne peut vous laisser indifférent.
Elle alterne le récit avec des extraits de ses pensées sans doute couchées au fil des années sur un journal.
Elle force l’admiration grâce à son pouvoir d’analyse. Elle nous fait penser à un entomologiste qui aurait découvert une nouvelle espèce, celle d’un monstre qui sommeillait tout près d’elle, qui la
rongeait intérieurement.
Malgré les douleurs subies, c’est un message d’espoir à toutes les femmes qui ont été des fillettes violentées.
Florence réussit à revivre en paix avec la petite fille qu’elle a été même si elle sait que le chemin n’estpas fini.
A lire impérativement pour cette rentrée littéraire.
©Kariane Maxwell, août 2016 pour LC éditions.